Les anticorps primaires anti-cheval conjugués à la streptavidine sont des réactifs immunochimiques qui associent une reconnaissance antigénique spécifique à une capacité de liaison à la biotine de très haute affinité, permettant l’amplification du signal et une grande flexibilité de détection. Produits par immunisation d’espèces hôtes telles que la chèvre, le lapin ou la souris avec des immunoglobulines de cheval purifiées, ces anticorps sont purifiés par affinité puis conjugués de manière covalente à la streptavidine, une protéine tétramérique de 52 kDa dérivée de Streptomyces avidinii. Chaque molécule de streptavidine possède quatre sites de liaison à la biotine, chacun présentant une affinité exceptionnellement élevée (Kd ≈ 10−14 M), parmi les interactions non covalentes les plus fortes connues dans la nature. Le processus de conjugaison permet généralement de fixer 1 à 2 molécules de streptavidine par anticorps, tout en préservant à la fois la capacité de reconnaissance antigénique et la capacité de liaison à la biotine. Contrairement à l’avidine, la streptavidine n’est pas glycosylée, ce qui réduit sa liaison non spécifique aux membranes biologiques et le bruit de fond dans les immunoessais. Le conjugué anticorps-streptavidine permet ensuite une détection à l’aide de différents molécules rapporteurs biotinylées, notamment la HRP biotinylée, la phosphatase alcaline biotinylée, des fluorophores biotinylés (par exemple, biotine-FITC ou biotine-PE) ou des nanoparticules d’or biotinylées, offrant ainsi une grande polyvalence. Une adsorption croisée étendue contre les immunoglobulines bovines, ovines, caprines, murines et de lapin permet de réduire les liaisons non spécifiques dans les échantillons provenant de plusieurs espèces.
Applications
Les anticorps anti-cheval conjugués à la streptavidine sont utilisés dans diverses configurations d’immunoessais nécessitant une amplification du signal. En immunohistochimie et en immunocytochimie, ces conjugués permettent la détection d’antigènes dans les tissus équins et les cellules en culture à l’aide d’enzymes chromogènes biotinylées, telles que la HRP ou la phosphatase alcaline, générant un marquage intense avec un bruit de fond réduit par rapport aux conjugués enzymatiques directs. En ELISA, le conjugué anticorps-streptavidine permet la capture des immunoglobulines équines et leur détection ultérieure à l’aide de HRP biotinylée ou de fluorophores biotinylés, générant une amplification du signal pour la quantification de cibles faiblement abondantes dans le sérum, le plasma ou les surnageants de culture cellulaire. En Western blot, ces conjugués permettent une détection sensible des protéines équines lorsqu’ils sont associés à de la HRP biotinylée et à des substrats chimiluminescents, avec des facteurs d’amplification typiques de 5 à 10 fois par rapport aux conjugués directs. En cytométrie en flux et en tri cellulaire activé par fluorescence (FACS), les conjugués à la streptavidine permettent de détecter des antigènes biotinylés ou des anticorps secondaires biotinylés avec une sensibilité accrue, notamment pour l’immunophénotypage des leucocytes équins et la détection de marqueurs de surface. D’autres applications comprennent l’immunoprécipitation (à l’aide d’anticorps de capture biotinylés), les essais de pull-down et les microarrays tissulaires. Les dilutions de travail varient considérablement selon l’application : 1:100 à 1:1 000 pour l’immunohistochimie, 1:1 000 à 1:20 000 pour l’ELISA et 1:1 000 à 1:10 000 pour le Western blot. Ces réactifs sont exclusivement destinés à la recherche et ne sont pas destinés aux procédures diagnostiques.
