Le dichlorométhane (DCM) est un solvant polaire aprotique polyvalent largement utilisé en recherche biochimique et analytique. En raison de son faible point d’ébullition et de ses propriétés de solvatation élevées, il est particulièrement efficace pour l’extraction de biomolécules non polaires telles que les lipides et les composés stéroïdiens à partir de systèmes aqueux.
Propriétés chimiques
Le dichlorométhane (CH₂Cl₂) se caractérise par un atome de carbone tétraédrique lié à deux atomes de chlore et à deux atomes d’hydrogène. C’est un liquide incolore dont la densité est d’environ 1,33 g/mL et le point d’ébullition de 39,6°C. La molécule présente un moment dipolaire d’environ 1,6 D en raison de la différence d’électronégativité entre le carbone et le chlore.
Le DCM possède une faible solubilité dans l’eau (environ 13 g/L) mais est facilement miscible avec des solvants organiques tels que le chloroforme, l’éther et l’éthanol. Sa pression de vapeur élevée (≈ 353 mmHg) favorise une évaporation rapide lors des procédures de laboratoire. Les grades stabilisés, contenant généralement 50 à 150 ppm d’amylène, sont utilisés pour inhiber la dégradation et prévenir la formation d’acide chlorhydrique.
Applications en biochimie
En biochimie des lipides, le dichlorométhane peut être utilisé comme solvant complémentaire dans les systèmes d’extraction de type Folch afin d’améliorer la récupération de certaines espèces lipidiques complexes telles que les gangliosides et le cholestérol. Il est également appliqué dans les protocoles d’extraction biphasique pour isoler les métabolites secondaires végétaux avant analyse par GC-MS.
En protéomique, le DCM peut contribuer à la précipitation des protéines membranaires après lyse cellulaire en présence de détergents. En biologie moléculaire, il est utilisé lors des étapes d’extraction phénol–chloroforme pour éliminer les contaminants protéiques résiduels tout en minimisant la perte d’acides nucléiques.

