Le bicarbonate de potassium agit comme tampon physiologique et source de potassium dans les applications biochimiques. Son pH proche de la neutralité et la compatibilité des ions K⁺ le rendent particulièrement utile pour la culture de cellules végétales, la stabilisation enzymatique et les essais dépendants du CO₂.
Propriétés chimiques
Le bicarbonate de potassium (KHCO₃, masse molaire 100,12 g/mol) se présente sous forme de cristaux monoclinique blancs (densité 2,17 g/cm³) avec des liaisons ioniques entre les cations K⁺ et les anions HCO₃⁻ stabilisés par résonance. L’anion bicarbonate possède un atome de carbone central lié à trois atomes d’oxygène (un protoné, charge -1 délocalisée). Il est soluble dans l’eau (22,4 g/100 mL à 20 °C), donnant des solutions légèrement alcalines (pH 8,2–8,6 pour 0,1 M) selon l’équilibre :
HCO₃⁻ + H₂O ⇌ H₂CO₃ + OH⁻ (pKa₂ 10,33)
Le bicarbonate de potassium se décompose au-dessus de 100 °C pour former K₂CO₃, CO₂ et H₂O.
Applications biochimiques
En biologie cellulaire, des concentrations de 10–50 mM de KHCO₃ sont utilisées dans les milieux MS pour la culture de protoplastes végétaux, maintenant un pH de 7,8 avec 2–5 % de CO₂ et fournissant des ions K⁺ pour la turgescence. En enzymologie, des concentrations de 25–100 mM stabilisent des enzymes comme la carbonique anhydrase ou PEPCK (pH 8,0–8,5). En biologie moléculaire, le KHCO₃ est employé lors de lavages carbonatés après lyse alcaline pour neutraliser les solutions sans introduire de Na⁺. En biochimie œnologique, des concentrations de 5–20 mM tamponnent la fermentation malolactique, convertissant le L-malate en L-lactate.

