MSH6, associé à MSH2, forme le complexe MutSα, qui reconnaît spécifiquement les mésappariements de bases uniques et les courtes boucles d'insertion-délétion. Lors de la liaison à l'ADN, MutSα recrute les facteurs MMR en aval pour initier la réparation. Un dysfonctionnement de MSH6 entraîne une réparation altérée, une accumulation d'erreurs de réplication et une instabilité microsatellitaire. Les tumeurs présentant un déficit du système MMR présentent souvent une charge mutationnelle élevée et des interactions altérées avec le système immunitaire, ce qui peut influencer la réponse aux immunothérapies.
Les variants pathogènes germinaux du gène MSH6 sont responsables du syndrome de Lynch, associé à un risque accru de cancers colorectaux et de l'endomètre au cours de la vie, apparaissant généralement plus tard que chez les porteurs de mutations des gènes MLH1 ou MSH2. D'autres cancers peuvent également survenir, notamment ceux de l'estomac, de l'ovaire et des voies urinaires, illustrant le large spectre clinique des maladies liées à MSH6.
Utilité diagnostique en pathologie gastro-intestinale
L'immunohistochimie (IHC) des protéines MMR, en particulier MSH6, est un outil validé et essentiel pour détecter les tumeurs présentant un déficit du système MMR. La perte de marquage nucléaire de MSH6 dans les cellules tumorales, interprétée conjointement avec MLH1, MSH2 et PMS2, indique un déficit du système MMR et peut suggérer un syndrome de Lynch ou des tumeurs sporadiques MSI-H.
L’IHC de MSH6 est largement utilisée dans le dépistage universel des déficits MMR des cancers colorectaux, permettant d’identifier les patients qui ne remplissent pas nécessairement les critères cliniques de dépistage des cancers héréditaires. L’expression de MSH6 peut être hétérogène ou conservée, même en présence d’anomalies fonctionnelles. Cela souligne l’importance d’une interprétation experte et d’une corrélation avec des analyses moléculaires, telles que le test MSI ou le séquençage de nouvelle génération, pour caractériser pleinement le statut MMR de la tumeur.
Caractéristiques principales des anticorps anti-MSH6 CE/IVD
Les anticorps anti-MSH6 conçus pour l’IHC clinique (marquage CE/IVD) offrent une spécificité et une reproductibilité élevées sur tissus fixés au formol et inclus en paraffine (FFPE). Ils permettent de distinguer avec précision l’expression conservée dans les cellules stromales ou inflammatoires normales (contrôles internes) de la perte d’expression dans les noyaux tumoraux.
Parmi leurs attributs diagnostiques importants :
- Spécificité analytique élevée avec réactivité croisée minimale, permettant une évaluation précise du statut MMR.
- Compatibilité avec les plateformes IHC automatisées pour une coloration reproductible dans tous les laboratoires.
- Clarté d’interprétation, facilitant l’intégration avec MLH1, MSH2 et PMS2 dans un panel de quatre marqueurs afin d’améliorer la sensibilité et la spécificité de la détection d’une déficience MMR.
- Outil de test réflexe guidant les tests moléculaires rapides MSI ou l’évaluation génétique du syndrome de Lynch.
L’IHC de MSH6 constitue ainsi non seulement un biomarqueur diagnostique de déficience MMR dans les tumeurs gastro-intestinales, mais aussi un indicateur thérapeutique, les tumeurs MSI-hautes étant éligibles aux inhibiteurs de points de contrôle immunitaire.


