L’éther de pétrole est un mélange d’hydrocarbures non polaires largement utilisé comme solvant de laboratoire en biochimie pour l’extraction sélective des lipides, des cires et d’autres métabolites non polaires à partir d’échantillons biologiques. Sa forte volatilité et son caractère hydrophobe le rendent particulièrement adapté aux applications analytiques et préparatives nécessitant une séparation efficace des composés neutres.
Propriétés chimiques
L’éther de pétrole est constitué d’un mélange d’hydrocarbures aliphatiques volatils, principalement des alcanes en C5–C7 tels que les isomères du pentane, l’hexane et le heptane. Selon le grade, les plages d’ébullition typiques sont de 35–60°C (fraction légère), 60–80°C ou 100–120°C.
Il présente une faible densité (0,63–0,75 g/mL), une solubilité négligeable dans l’eau (<0,01 %) et une pression de vapeur élevée, favorisant une évaporation rapide et une séparation de phase efficace. Chimiquement inerte et dépourvu de groupes fonctionnels, l’éther de pétrole obéit au principe « le semblable dissout le semblable », ce qui le rend très efficace pour la dissolution des solutés hydrophobes.
Applications en biochimie
En biochimie des lipides, l’éther de pétrole est couramment utilisé pour l’extraction séquentielle des lipides neutres — notamment les triglycérides et les stérols — à partir de tissus prétraités par Soxhlet ou par la méthode Folch. Ce procédé permet d’obtenir des fractions propres adaptées à l’analyse par chromatographie sur couche mince (CCM) ou par chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse (GC-MS) pour le profilage des acides gras.
Il est également utilisé pour la délipidation des protéines après expression recombinante afin de faciliter les essais de cristallisation. De plus, l’éther de pétrole sert à laver les phases chloroforme pour isoler les pigments et les caroténoïdes sans coextraire les phospholipides.
Dans les flux de travail en biologie moléculaire, les fractions à bas point d’ébullition sont utilisées pour accélérer le séchage des culots d’ADN après précipitation à l’éthanol ou pour éliminer les couches d’huile minérale recouvrant les tubes de réaction PCR.

