La phosphatidylinositol (PI) est un glycérophospholipide anionique mineur mais crucial, représentant 5 à 10 % des phospholipides membranaires totaux. Elle possède un squelette diacylglycérol estérifié en position sn-3 à un cycle myo-inositol lié par un phosphate, précurseur de sept dérivés polyphosphorylés impliqués dans la signalisation. Prolongeant la discussion sur la phosphatidylsérine, le groupement polaire cyclohexanehexol de la PI — avec des hydroxyles aux positions 2 à 6 disponibles pour phosphorylation — lui confère une grande flexibilité régulatrice. Elle se localise principalement sur le feuillet cytosolique, où les kinases génèrent PI(3)P, PI(4)P, PI(4,5)P2 et PI(3,4,5)P3, orchestrant le trafic membranaire, la dynamique du cytosquelette et les voies de survie cellulaire.
Structure moléculaire
La PI suit le schéma du sn-glycérol-3-phosphate avec des acyles saturés en sn-1 (typiquement 18:0) et des acyles mono- ou polyinsaturés en sn-2 (18:1/20:4), par exemple 18:0/20:4-PI. Le myo-inositol adopte une conformation en chaise avec un 2-OH axial et des phosphates équatoriaux aux positions 3/4/5 dans les dérivés. Sa charge nette négative (pKa ~6,7-7,7 pour les phosphomonoesters) favorise le pontage par Ca²⁺/Mg²⁺ et la formation de nanodomaines.
Propriétés biophysiques
La géométrie cylindrique de la PI (surface de tête ~60-70 Ų) favorise la formation de bicouches, mais la phosphorylation incline le groupement polaire (100° pour PI(4,5)P2), favorisant une orientation plane et le recrutement de protéines. La PI forme des nanodomaines stables en présence de cations physiologiques, contrairement à la PS. Sa température de transition (Tm ~0-14 °C selon les acyles) favorise la courbure membranaire et facilite des processus tels que la fission membranaire.

