Le 1,2-dichloroéthane (DCE) est un solvant hydrocarboné chloré parfois utilisé dans des protocoles d’extraction et de purification en biochimie. Bien qu’il possède des propriétés physicochimiques utiles pour la séparation de molécules hydrophobes, sa toxicité importante et sa classification comme composé dangereux limitent son utilisation courante dans les laboratoires modernes, où des solvants plus sûrs tels que le dichlorométhane (DCM) ou l’acétate d’éthyle sont généralement privilégiés.
Propriétés chimiques
Le 1,2-dichloroéthane (ClCH2CH2Cl) adopte principalement une conformation gauche en phase liquide, en raison d’interactions stériques et d’effets d’hyperconjugaison. La longueur de la liaison carbone–chlore est d’environ 1,77 Å et la molécule présente un moment dipolaire d’environ 1,1 Debye. Il s’agit d’un liquide incolore et volatil possédant un point d’ébullition de 83,5 °C, une densité d’environ 1,25 g/mL et une pression de vapeur proche de 80 mmHg à 20 °C. Le composé présente une solubilité modérée dans l’eau (environ 8,7 g/L) et est miscible avec plusieurs solvants organiques tels que l’éthanol, l’éther et le chloroforme. Ces caractéristiques physicochimiques permettent notamment la formation d’azéotropes facilitant certains procédés de purification par distillation.
Applications biochimiques
En recherche biochimique et dans l’étude des produits naturels, le 1,2-dichloroéthane a été utilisé pour l’extraction de métabolites de faible polarité ainsi que comme co-solvant dans des systèmes d’extraction biphasés. En biochimie des lipides, sa densité relativement élevée permet une séparation de phase efficace lors de l’isolement de composés stéroïdiens à partir d’extraits de tissus surrénaliens. Historiquement, ce solvant a également été utilisé dans certaines procédures de purification impliquant des composés tels que la caféine et certaines vitamines, ainsi que pour la solubilisation de composants caoutchouteux ou résineux dans des protocoles liés aux produits naturels.
Utilisation dans les protocoles de biologie moléculaire
Les applications du 1,2-dichloroéthane en biologie moléculaire sont limitées en raison de sa toxicité et de son potentiel cancérogène. Néanmoins, certains protocoles de synthèse plus anciens utilisaient occasionnellement ce solvant lors d’étapes de purification en chimie des phosphoramidites, notamment lors de la déprotection d’oligonucléotides synthétiques. En raison des préoccupations liées à la sécurité et de la disponibilité d’alternatives moins dangereuses, son utilisation dans la synthèse contemporaine des acides nucléiques et dans les protocoles modernes de biologie moléculaire a largement été remplacée par des solvants plus compatibles.

