La lysine est un acide aminé basique essentiel qui joue un rôle fondamental dans le métabolisme cellulaire et la biosynthèse des protéines. En tant qu’acide aminé indispensable, elle doit être apportée par l’alimentation ou par les milieux de culture dans les systèmes biologiques. La lysine intervient de manière critique dans la synthèse des protéines, la formation du collagène et la régulation de l’expression génique par diverses modifications post-traductionnelles influençant la structure de la chromatine et les voies de signalisation cellulaire.
Structure chimique
La lysine (L-Lys ; formule moléculaire C₆H₁₄N₂O₂ ; masse moléculaire 146,19 Da) est caractérisée par une structure classique d’α-acide aminé et par un groupe fonctionnel ε-amine distinctif situé sur sa chaîne latérale (-(CH₂)₄NH₂). Cette chaîne aliphatique allongée se termine par une amine primaire qui reste chargée positivement au pH physiologique. Les constantes d’ionisation de la lysine sont pKa₁ = 2,18, pKa₂ = 8,95 et pKa₃ = 10,53, ce qui conduit à un point isoélectrique (pI) d’environ 9,74. La présence de cette chaîne latérale flexible de type butylamine confère des propriétés amphipathiques, permettant aux résidus de lysine de participer à la formation de liaisons hydrogène, de ponts salins et d’interactions dans des environnements protéiques à la fois hydrophiles et partiellement hydrophobes.
Fonctions biochimiques
La lysine constitue un composant structural majeur de la protéinogenèse et est codée par les codons AAA et AAG lors de la traduction. Son groupe ε-amine représente un site essentiel pour plusieurs modifications post-traductionnelles biologiquement importantes. Celles-ci incluent l’acétylation, catalysée par les histone acétyltransférases (HAT) et inversée par les histone désacétylases (HDAC), qui régule l’accessibilité de la chromatine et l’activité transcriptionnelle. Les résidus de lysine peuvent également subir des processus de méthylation, tels que H3K4me3, un marqueur épigénétique bien établi associé aux promoteurs transcriptionnellement actifs. De plus, l’ubiquitination des résidus de lysine cible les protéines pour leur dégradation via le système ubiquitine-protéasome (UPS), jouant un rôle essentiel dans le renouvellement des protéines et l’homéostasie cellulaire.
Rôle métabolique
Au-delà de ses fonctions structurales et régulatrices, la lysine participe à plusieurs voies métaboliques. Elle contribue notamment à la biosynthèse de la carnitine, une molécule indispensable au transport des acides gras à longue chaîne vers les mitochondries pour leur β-oxydation. Les résidus de lysine peuvent également subir une hydroxylation pour former l’hydroxylysine, une modification importante impliquée dans la stabilisation et la réticulation du collagène au sein des matrices extracellulaires. Le catabolisme de la lysine se déroule principalement dans les compartiments hépatiques et mitochondriaux via la voie de la saccharopine, produisant des intermédiaires tels que l’α-aminoadipate et le glutaryl-CoA avant de générer finalement de l’acétyl-CoA, qui alimente les voies métaboliques centrales, notamment le cycle de l’acide tricarboxylique (cycle de Krebs).

