Phosphatidyléthanolamine

Phosphatidyléthanolamine

La phosphatidyléthanolamine (PE) est le deuxième glycérophospholipide le plus abondant après la phosphatidylcholine, représentant environ 20–30 % des phospholipides membranaires totaux. Elle se définit par un squelette diacylglycérol estérifié en position sn-3 à un groupement phosphoéthanolamine (-PO4-CH2CH2NH3+), conférant une petite tête zwitterionique globalement neutre, favorisant la formation de phases non lamellaires.

Structure moléculaire

La PE est constituée d’un squelette sn-glycérol-3-phosphate présentant une distribution caractéristique des chaînes acyles : la position sn-1 est généralement occupée par des acides gras saturés (16:0 ou 18:0), tandis que la position sn-2 contient fréquemment des chaînes polyinsaturées telles que 18:2, 20:4 ou 22:6 (DHA). Parmi les exemples courants figurent la DOPE (18:1/18:1) ainsi que des mélanges de PE dérivés du soja.

Les variantes structurales incluent la plasményl-PE, caractérisée par une liaison vinyl-éther en sn-1 conférant une résistance accrue aux peroxydes dans les membranes cérébrales, ainsi que des espèces lyso-PE. Les interactions par liaisons hydrogène via les groupements NH3+ facilitent les contacts intermembranaires, tandis que le remodelage acyle par le cycle de Lands module la courbure membranaire.

Propriétés biophysiques

Contrairement à la phosphatidylcholine (PC), dont la tête choline volumineuse stabilise les bicouches, la PE présente une géométrie conique (V/aLc ~0,6–0,8) qui favorise la formation de phases hexagonales inverses HII. Ces phases jouent un rôle essentiel dans les processus de fusion membranaire et dans l’encombrement protéique. La PE est majoritairement localisée dans le feuillet interne des membranes plasmatiques eucaryotes ainsi que dans les membranes internes mitochondriales.

La PE présente généralement une température de fusion (Tm) plus basse que les homologues de la PC. Par exemple, la DOPE possède une température de transition proche de −16 °C, tandis que la transition vers la phase hexagonale se produit autour de 10 °C. Le cholestérol exerce une influence limitée sur la propension de la PE à former des phases HII. Malgré une hydratation importante (~10 molécules d’eau par lipide), la PE demeure fortement fusogène et facilite la fusion membranaire induite par Ca2+ aux sites de contact lorsque la distance intermembranaire est inférieure à 1 nm.

 

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