La cire de carnauba est une cire naturelle dure extraite des feuilles du palmier Copernicia prunifera, originaire du nord-est du Brésil. Reconnue comme l’une des cires les plus prestigieuses parmi les lipides simples, elle est obtenue par séchage, battage puis raffinage de la couche protectrice recouvrant les feuilles. Connue comme additif alimentaire sous le code E903, la cire de carnauba est appréciée pour son brillant supérieur, sa dureté et sa résistance thermique, comparativement à des cires plus tendres telles que la cire d’abeille.
Composition chimique
La cire de carnauba est constituée principalement de 80–85 % d’esters aliphatiques, dérivés essentiellement d’acides gras et d’alcools à longues chaînes (C26–C30). Elle contient également environ 21 % de diesters de l’acide p-méthoxycinnamique, qui représentent un marqueur chimique distinctif. D’autres composants incluent des acides ω-hydroxycarboxyliques (13 %), des alcools gras (12 %), des acides libres (3–6 %) et des hydrocarbures (1–3 %). Des molécules clés, telles que le triacontyl tricosanoate et les p-méthoxycinnamates C32–C34, contribuent à la variabilité de son poids moléculaire élevé.
Propriétés physiques
La cire de carnauba se présente sous forme d’un solide jaune à jaune verdâtre, la qualité la plus pure étant classée T1. Sa densité est d’environ 0,99 g/cm³ et son point de fusion se situe entre 82 et 86 °C, ce qui en fait la cire naturelle possédant la température de fusion la plus élevée. Elle est insoluble dans l’eau et l’éthanol, mais devient soluble dans le chloroforme et l’éther au-dessus de 40 °C. Son brillant exceptionnel et ses propriétés filmogènes sont attribués à un empilement cristallin de type β, tandis que les grades T1–T4 diffèrent selon le degré de filtration et de blanchiment.
Biosynthèse et traitement
Dans la nature, les glandes des feuilles de palmier sécrètent la cire de carnauba sous forme de cuticule protectrice résistante à la sécheresse. La récolte mécanique produit une cire brute, ensuite raffinée par centrifugation, filtration et blanchiment. La qualité la plus élevée (T1) contient un minimum d’impuretés. La présence de dérivés cinnamates reflète une voie métabolique végétale spécifique issue du métabolisme des phénylpropanoïdes.

