L’hydrure de sodium agit comme une base extrêmement forte et non nucléophile en synthèse biochimique anhydre, notamment pour la déprotonation sélective d’alcools, d’amides et de composés méthylènes actifs dans la chimie des groupes protecteurs et la préparation d’analogues de polykétides.
Propriétés chimiques
L’hydrure de sodium (NaH, masse molaire 24,00 g/mol) se présente sous forme d’une poudre allant du gris argenté au blanc (densité 0,92–1,40 g/cm³) avec une structure cubique centrée sur les faces de type NaCl (a = 4,98 Å), où chaque ion Na⁺ coordonne octaédriquement six anions H⁻ (distance Na–H 2,48 Å, rayon ionique H⁻ 146 pm). Il est insoluble dans les solvants organiques mais très réactif ; il hydrolyse violemment à l’eau (NaH + H₂O → NaOH + H₂ ↑, ΔH = -123 kJ/mol) en libérant du dihydrogène et se décompose au-dessus de 300 °C en Na et H₂.
Applications biochimiques
En synthèse organique, 1–2 équivalents de suspensions à 60 % de NaH dans le DMF sont utilisés pour la silylation O propre des glucides (formation quantitative d’alkoxydes sans sur-déprotonation) ou pour la protection N des amino-sucres sous forme de Na-amides. En chimie peptidique, il sert à la formation d’esters actifs à partir d’acides aminés Fmoc, en déprotonant les carboxylates tout en évitant la racémisation. Dans les laboratoires de nucléotides, il permet de générer des anions 2'-O- ou 3'-O pour des alkylations régiosélectives dans la synthèse d’analogues 2'-5A. En chimie lipidique, NaH est appliqué aux extraits de DMF secs avant la méthylation au diazométhane pour éliminer l’eau résiduelle.

