La prolactine (PRL) est une hormone polypeptidique principalement reconnue pour son rôle essentiel dans la lactation, mais aujourd'hui considérée comme une hormone multifonctionnelle impliquée dans plus de 300 processus physiologiques chez de nombreuses espèces. La prolactine humaine est une protéine monocaténaire composée de 199 acides aminés et comporte trois ponts disulfure intrachaîne, indispensables au maintien de sa structure tertiaire et de son activité biologique. La PRL appartient à la famille des hormones somatotropine/prolactine, partageant une importante homologie structurale avec l'hormone de croissance (GH) et le lactogène placentaire. Contrairement à la plupart des hormones de l'antéhypophyse, la sécrétion de prolactine est principalement régulée par un contrôle inhibiteur tonique exercé par l'hypothalamus.
Biosynthèse et régulation
La prolactine est synthétisée principalement par les cellules lactotropes de l'antéhypophyse, qui représentent environ 20 à 30 % de la population cellulaire hypophysaire. L'expression du gène PRL est régulée par son promoteur proximal, le facteur de transcription hypophysaire spécifique Pit-1 jouant un rôle essentiel dans la différenciation des cellules lactotropes et la transcription du gène de la prolactine. Le principal régulateur physiologique de la sécrétion de prolactine est la dopamine, libérée par les neurones dopaminergiques tubéro-infundibulaires (TIDA) du noyau arqué de l'hypothalamus. La dopamine atteint l'antéhypophyse par la circulation porte hypophysaire et se lie aux récepteurs dopaminergiques D2 exprimés à la surface des cellules lactotropes, inhibant ainsi la synthèse et la sécrétion de prolactine. Étant donné que la dopamine exerce un contrôle inhibiteur continu, une interruption de la tige hypophysaire ou une altération de la transmission dopaminergique entraîne fréquemment une hyperprolactinémie. À l'inverse, l'hormone de libération de la thyréostimuline (TRH) stimule la sécrétion de prolactine, expliquant l'hyperprolactinémie modérée fréquemment observée chez les patients atteints d'hypothyroïdie primitive.
Importance clinique
L'hyperprolactinémie constitue l'un des troubles endocriniens les plus fréquents affectant l'hypophyse. Chez la femme, une élévation des concentrations de prolactine entraîne fréquemment une galactorrhée, une oligoménorrhée ou une aménorrhée, ainsi qu'une infertilité. Chez l'homme, elle se manifeste généralement par un hypogonadisme, une diminution de la libido, une dysfonction érectile et une infertilité. Cette affection peut résulter d'un adénome hypophysaire sécrétant la prolactine (prolactinome), d'une compression de la tige hypophysaire par une tumeur non fonctionnelle ou de la prise de médicaments, notamment des antipsychotiques et des antidépresseurs, qui perturbent la signalisation dopaminergique. Le traitement de première intention repose sur l'administration d'agonistes dopaminergiques, tels que la cabergoline et la bromocriptine, qui réduisent efficacement la sécrétion de prolactine et induisent fréquemment une régression du volume tumoral. Une intervention chirurgicale peut être envisagée lorsque le traitement médical est inefficace ou mal toléré. Le dosage de la prolactine sérique demeure un examen biologique indispensable pour l'évaluation des pathologies hypophysaires, des troubles de la fonction reproductrice et de l'infertilité.

